Récit du combat de La Preneuse contre le Jupiter

Nous sommes en 1799 dans l’océan Indien. Le capitaine Lhermitte commande la frégate La Preneuse et une tempête fait rage.

Jean-Marthe-Adrien Lhermitte

Jean-Marthe-Adrien Lhermitte

Soudain, on lui signale un voile par l’avant avec forte présomption d’un bâtiment de guerre. Le navire adverse vient se placer non loin de la frégate française et celle-ci envoie son numéro de reconnaissance.
L’autre hisse le White Ensign et l’assure d’un coup de canon. Alors le pavillon français apparait sur la Preneuse et la canonnade débute, presqu’à bout portant et dans une mer déchaînée.
Hélas, la houle trop forte rend le combat impossible pour le français : Il embarque des paquets de mer par son pont de batterie et il doit rapidement se décider à fermer les sabords.

L’autre, un navire deux ponts de 50 canons, ne souffre pas de ce problème. La Preneuse prend le large et l’anglais se lance à sa poursuite.
La course durera près de 22h. La Preneuse, un navire mauvais marcheur, se rendra vite compte de l’impossibilité de distancer l’ennemi. Lhermitte en sera finalement grès.
Comme souvent à cette époque, ses ordres lui interdisent d’accepter un combat évitable s’il n’a pas un avantage flagrant de puissance de feu. Seulement la Preneuse manque d’hommes : Quelques semaines plus tôt, une mauvaise affaire à la Baie de Lagoa lui en a mis près de cinquante hors combats. Tant pis ! Devant la vitesse supérieure du Jupiter, le français décide d’accepter le combat.

Lorsque le Jupiter arrive à hauteur de sa proie, il fait l’erreur de croire qu’elle se rendra sans chercher noise. Grossière erreur car lorsqu’il lui ordonne d’abaisser le pavillon, à 25 toises (45 mètres) de distance, c’est une bordée de canons armée à triple boulets qui répond. Et les français vise bas, ils cherchent à crever la flottaison.

Aussitôt la frégate met ses voiles à contre et ralentit soudainement. Surpris par la manœuvre et emporter par son élan, le Jupiter la dépasse sans quasiment pouvoir répondre. La Preneuse vire alors et passe sur la poupe de son ennemi ou une nouvelle bordée prendra d’enfilade les deux ponts de batterie adverse, non sans avoir crevé la galerie arrière et pulvérisé la mèche de gouvernail au passage.

La frégate Preneuse résiste au Jupiter

La frégate Preneuse résiste au Jupiter

 

Les Français tentent alors l’abordage mais le vaisseau ennemi, toujours trop rapide, esquive la tentative. Il encaissera alors une nouvelle volée à pleine poupe avant que les deux navires ne soient à nouveau bord à bord. Les Français pilonneront encore la flottaison à boulet double jusqu’à crever la coque ennemie en de nombreux endroits. La Preneuse ne sera pas en reste et subira également son lot d’avaries et de morts mais au final, le Jupiter s’éloigne et se retire : Il se doit de choisir entre fuir comme un pleutre ou couler pour de bon, tant les tirs furieux de la frégate l’ont malmené.

Lhermitte ne s’élancera pas à sa poursuite : Ses ordres l’interdisent, l’ennemi marche mieux que lui-même et La Preneuse, qui était déjà en sous effective doit faire avec une nouvelle note du boucher très salé.

Néanmoins l’honneur est lavé de la mésaventure de Lagoa et Lhermitte à prouvé, comme bien d’autres, que même en cette période ou la marine d’Albion dominait l’océan, les français ne manquèrent ni de courage ni de talent pour rappeler à leur meilleur ennemi à quel point les flots pouvaient être dangereux.

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